Noeux Environnement

Visite chez Jean Dubois : artisan du végétal

C’est en plein cœur de Béthune et sous un soleil radieux que nous rencontrons Jean Dubois en ce début du mois de septembre. Dans le cadre du projet des îlots de la santé, cette semaine est consacrée à la découverte des producteurs locaux. 

C’est entouré par les plantes que notre artisan du végétal nous invite à pénétrer dans la salle qui lui sert de lieu de  formation et d’accueil du public. A peine arrivés à l’intérieur, nous apercevons déjà une serre qui donne sur un jardin. Mais pour l’heure, il s’agit de passer aux présentations.

Présentation de la SCOP J Dubois dans la salle de formation

En 1997,  Jean reprend l’exploitation horticole créée par son père en 1958. Fort de diverses expériences professionnelles dans les milieux de l’horticulture, du jardinage et de la formation, il fonde la SCOP J Dubois et décline l’activité en quatre pôles.

Il conserve donc l’horticulture comme noyau central, à savoir la production de fleurs et de plants de légumes bio.

Autour de cette dernière gravite la pédagogie. Pas de connaissances sans pratique. La salle où nous nous trouvons a été le point d’accueil d’animations pédagogiques en serre ou en extérieur pour plus de 50 classes en 2019, des groupes de tous âges, des gens envoyés par l’office du tourisme et même des goûters d’anniversaire ! Il n’y a pas d’âge pour apprendre, la nature est l’affaire de tous.

Le troisième pôle met l’accent sur la gestion durable et cohérente des jardins. Ainsi, le conseil et la prestation en paysage constituent la troisième activité qu’il pratique en majorité chez les particuliers ainsi que pour quelques collectivités locales.

Enfin, adepte du circuit-court, il s’attèle à la distribution de produits locaux. il fait partie du Court-circuit.

Comme précisé plus haut, l’entreprise J. Dubois horticulture est une SCOP.  Mais de quoi s’agit-il ? C’est simple, c’est une Société Coopérative et Participative, une entreprise où les employés sont des collaborateurs. Et c’est solidaire. En effet, les associés en sont les seuls actionnaires. Les bénéfices sont ainsi réinvestis dans l’entreprise et redistribués entre les collaborateurs.  Soulignons que ce modèle vieux de deux cents ans a de plus en plus le vent en poupe.  Ce propos, vous pourrez lire sur leur site (https://j-dubois.fr/)  « C’est pour nous un écosystème de travail démocratique, équitable et l’affirmation de valeurs humaines ».

La deuxième partie de la présentation

Maintenant que nous connaissons un peu mieux notre hôte, c’est au tour de nos participants de se présenter.  En fin pédagogue,  M. Dubois s’enquiert des  attentes de chacun des participants quant à cette visite. En effet, les sujets sont multiples et le temps limité. Il s’agit de cibler au maximum. Et il a raison. Certains s’intéressent davantage à l’activité d’horticulteur en tant que telle quand d’autres sont avides de conseils sur un aménagement de leur jardin plus en phase avec le rythme de la nature.

Trêve de présentations, passons à l’action.  Jardiner, c’est pratiquer. Alors en route vers la serre !

Présentation de la serre

Nous ne faisons que quelques pas et c’est un tout autre univers qui se présente à nous. Le soleil inonde de sa lumière des tables de travail couverte de boutures et de plantes en tous genres. Il fait chaud, ça sent bon la terre végétale.

En production horticole, le printemps et l’automne sont les deux grandes périodes. En ce début septembre, nous découvrons la dernière production en date : la pensée à corne encore appelée violette cornue. Quoi que très décorative, M. Dubois nous confie rapidement en être friand. Son goût acidulé ravira vos papilles (à condition qu’elle soit bio !). Notre horticulteur, incorrigible passionné, dépeint les diverses facettes de son métier,  de la culture sous abri aux différents types de plantes en passant par l’effet de serre… Comme vous pouvez le voir, c’est avec une attention toute particulière que nos participants écoutent et apprennent en observant. La présentation s’achève par une plante qui nous rappelle que nous travaillons avec du vivant. Connu sous le nom vernaculaire de sensitive, le Mimosa pudica ferme ses feuilles la nuit ou en cas de contact.

Présentation du jardin pédagogique

Notre déambulation finit par nous amener à l’air plus frais du jardin pédagogique attenant à la serre. Il est question ici de s’inspirer de la nature, de revoir ses habitudes, de se questionner sur des pratiques telles que le bêchage, le désherbage, l’utilisation des machines, planter toutes ses salades en même temps (après tout, ne dit-on pas «  ne pas mettre tous ces œufs dans le même panier ». Comme M. Dubois le résume bien, « c’est paradoxal, on ne sait plus pourquoi on fait les choses, mais on les fait. On ne se pose pas la question de savoir la raison pour laquelle on les fait ».   Le thème du potager plaisir est évoqué : pourquoi ne pas planter des fraises en bordure de votre carré potager ? Histoire d’avoir une bonne excuse pour  venir faire un petit tour au jardin régulièrement, d’en profiter pour faire quelques tâches lors de la cueillette… Ou encore, pourquoi ne pas planter plus dense histoire de ne pas avoir à désherber…  Aller, une petite dernière ? Pourquoi ne pas planter vos poireaux en divers endroits du jardin ? Deux avantages, vous brouillez les pistes de la mouche du poireau et vous profitez de l’effet insectifuge du poireau si vous l’associez avec d’autres cultures. 

Visite du tunnel

Histoire de continuer sur notre lancée, notre animateur/horticulteur nous emmène dans le tunnel attenant pour nous parler tomates et tordre le coup à quelques idées reçues. La suite en image. Comme vous pouvez le voir sur les images, les plants de tomates respirent la santé et sont couverts de fruits. Plantés début mai, ils n’ont reçu que cinq arrosages les quelques semaines qui ont suivi la mise en terre. Les gourmands n’ont pas été retirés, le bout n’a pas été pincé. Le résultat ? Des dizaines de tomates ! Même couvertes de feuilles, les tomates les plus éloignées de la lumière sont rouges … Alors ? Des récoltes abondantes et très peu d’entretien en termes de désherbage et d’arrosage …  Seul bémol, un peu de gymnastique pour les récoltes ce qui vous prendra un peu plus de temps.

Quelques explications avant de passer aux choses pratiques

Après la chaleur du tunnel, nous apprécions un peu de fraîcheur dans une petite pièce où nous faisons la découverte d’une drôle de petite machine.

Avant de passer à la dernière partie de la visite, à savoir l’atelier bouturage, M. Dubois nous donne quelques clés sur l’importance de la qualité de la « terre » utilisée pour faire les bouturages. En résumé, comme tout être vivant,  la plante a besoin de boire et de manger. Ainsi, la bonne santé et la croissance de la plante vont dépendre de la qualité du sol dans lequel elle va évoluer ainsi que sa capacité de rétention de l’eau. Son conseil ? Un mélange de tourbe et de compost issu du fumier de bovins. En effet, la tourbe a la capacité de retenir 700 fois son volume en eau sans pour autant contenir beaucoup de nutriments, d’où l’intérêt de l’enrichir avec du fumier composté. Celui-ci est  riche en nutriments présents dans la nourriture des vaches qui finissent par le digérer via leur système digestif. La nature est quand même bien faite ! Tourbe et compost sont ensuite mélangés dans la machine que vous pouvez voir sur les images. L’ensemble est ensuite stérilisé à 80°c pour éviter que graines et champignons germent.

Le temps passe vite et les questions ne manquent pas. Pourtant, il faut passer à la dernière partie de cette visite très enrichissante qui s’annonce … pratique ! C’est le moins que l’on puisse dire, l’heure de mettre les mains dans la terre, c’est l’heure de l’atelier bouturage ! Pour nous faire la main, M. Dubois a opté pour des géraniums. Trois couleurs, trois prénoms : Rubis le rouge, Lilas le rose, Sophie la saumonée. Rien que ça !

Il nous explique que tout l’art du bouturage réside dans le fait de ruser pour que la plante produise des racines à partir d’une tige que l’on a prélevée.  

On coupe une partie de la plante, que l’on appelle bouture. On enlève la fleur ou le bouton floral et les feuilles du bas, ce qui économise l’eau dont la plante a besoin et favorise ainsi la production de racines. L’astuce, c’est d’avoir quelque chose de proportionnel entre feuilles et tiges. Il nous dit que l’entre-nœud fait plus facilement des racines.

Ensuite, il suffit de mettre un mélange de tourbe et de compost dans un pot, sans le tasser. On y « plante » notre bouture, on tasse la terre et on arrose. Le tour est joué ! Dix jours plus tard, les plaies cicatrisent et les premières racines apparaissent. A noter que toutes les plantes ne se bouturent pas. Au fait … N’oubliez pas d’arroser !

Le rendez-vous est pris pour le 23 septembre pour en connaître davantage sur la distribution des produits locaux et le circuit court. A bientôt M. Dubois !

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